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UNE PROVINCIALE INÉDITE ? - ANDRÉ BLANC






Roger Duchêne a consacré une longue étude à "l'Imposture littéraire" des Provinciales. Imposture pour imposture, pourquoi ne pas pousser un peu notre imagination ?

    On pourra lire ici le texte d'une Provinciale peu connue, qui aurait été retrouvée parmi les papiers d'un écrivain célèbre, dont la grand-mère appartenait à un conventicule janséniste de la fin du XIXe siècle. Elle avait laissé en mourant, entre autres documents, le journal de bord de ce groupe, que son petit-fils songea à publier. Finalement, il préféra le brûler ; il aurait seulement gardé un exemplaire imprimé de cette lettre. Il est probable que tous les autres ont été détruits, par prudence ou pour quelque autre raison, avant d'être mis en circulation ; mais le libraire voulut sans doute en réserver au moins un. Comment pouvait-il se trouver, deux siècles et demi plus tard, dans les papiers dont nous parlons ? Nul ne le sait.

    Quoi qu'il en soit et malgré les réserves que certains pourraient faire sur son authenticité, ce texte nous a paru mériter d'être porté à la connaissance des chercheurs et érudits port-royalistes. Par son sujet et sa forme, cette lettre devait normalement se placer entre la sixième et la septième Provinciale. Il nous semble donc pouvoir la dater avec quelque certitude de la fin de la première ou du début de la deuxième quinzaine de mai 1656.

    Nous avons cru devoir, pour plus de clarté, moderniser l'orthographe et la ponctuation.

    "Monsieur,

    Je vous l'ai déjà dit, il n'est rien de tel que les jésuites. Je vous en veux donner une nouvelle marque.

    Ce matin, ce bon Père avec lequel je me suis souvent entretenu et qui, malgré mon ignorance et mon opiniâtreté, avait gardé pour moi quelque affection, comme on aime souvent les enfants difficiles plus que les autres, me fit mander d'aller le voir et qu'il avait quelque chose de tout nouveau à me montrer.

    Je m'y rendis donc cette après-dînée. Dès qu'on l'eut averti de ma visite, il accourut tout joyeux et me serra les doigts avec véhémence, comme il en a accoutumé.

    "Je suis bien aise de votre diligence, me dit-il en m'accablant de caresses. Vous ne la regretterez point, car je vous veux faire voir quelque chose d'assez fort. Mais à propos, jouez-vous ?"

    La question me surprit. Je pensai d'abord qu'il m'allait proposer quelque partie d'hombre ou de bassette et je m'étonnai qu'il m'eût envoyé chercher pour cela ; mais je ne vis sur la table ni cartes ni dés, ce qui me rassura.

    "Mon Dieu, lui dis-je, je vous avoue, mon Père que j'y succombe quelquefois et je me le reproche, mais c'est un divertissement dont il peut être difficile de s'exempter lorsque l'on est en compagnie. Du moins est-ce toujours avec des amis, et nous ne gageons qu de fort petites sommes, car nous donnons véritablement plus d'intérêt à la chasse qu'à la prise.

    - Eh bien, me dit-il, que diriez-vous si je vous proposais de gager bien plus gros, à condition que vous serez sûr de gagner ?

    - Mon Père, lui dis-je, cela ne se peut et je ne le voudrais point, car il me semble, d'après l'Ecriture, que nous devons gagner notre pain à la sueur de notre front. En outre, je ne pourrais obtenir ce gain sans en enlever la somme à quelqu'un d'autre, qui en a peut-être besoin pour ses nécessités, et je craindrais que ce ne fût un péché mortel.

    - Assurément, me dit-il, et tous nos pères sont de cet avis. Je vois que vous faites des progrès : vous raisonnez bien mieux qu'au début de nos entretiens. Mais laissons cela. Connaissez-vous ce livre ?"

    En même temps, il me tendit un volume assez mince, tout neuf, dont l'encre tachait encore les doigts

    "L'auteur, me dit-il, en est le Père Blasius, de notre couvent de Monteclaro : il l'a fait imprimer tout récemment, et en français encore, car il s'adresse aux gens du monde, qui tous ne connaissent pas bien le latin.

    - Hé ! quoi, lui dis-je, parmi vos pères, qui ont exprimé tant d'opinions, probables ou non, sur des questions graves, du moins à les en croire, il s'en est trouvé un qui a écrit tout un livre sur le jeu ?

    - Point, me dit-il, cela n'est aucunement en usage dans notre Compagnie. C'est en réalité un livre destiné à la conversion des pécheurs, et vous verrez que nul ne lui peut échapper.

    - Et que vient faire le jeu là-dedans ? demandai-je.

    - Ne soyez point si prompt, me dit-il ; je sais bien que vous l'avez toujours été, c'est un de vos défauts ; mais ouvrez la page où il y a une oreille et voyez les lignes que j'ai marquées avec du crayon : elles sont toutes d'or."

    Je pris donc le livre là où il me l'avait indiqué et je lus ces termes :

    Dieu est ou il n'est pas. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison n'y peut rien déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ?

    "Voyez, me dit le bon Père :notre grand Blasius, sachant combien les gens du monde aiment jouer, au risque d'y perdre tout leur bien, a eu l'idée de leur proposer un jeu tout nouveau, où ils gagnent tout et ne risquent rien. Mais je vous en dis trop. Lisez plus loin."

    Je m'apercevais bien qu'il s'agissait d'un jeu tout nouveau, en effet, car je n'eusse jamais songé à jouer avec Dieu. La pensée même m'en paraît un blasphème ; à peine j'ose l'exprimer. Mais je me contins, comme j'avais depuis longtemps résolu de le faire pour en apprendre davantage, et je continuai ma lecture : Puisqu'il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins, Pesons le gain et la perte en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas. Si vous gagnez, vous gagnez tout, si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter. - Cela est admirable. Oui, il faut gager, mais je gage peut-être trop."

    "Gager trop ! m'écriai-je. Comment pourrait-on avoir une telle pensée ?" Je m'arrêtai court, de crainte que mon interlocuteur ne se fâchât et ne voulût plus m'instruire. Mais je le vis tout souriant.

    "Vous êtes toujours aussi prompt, me dit-il avec un regard plein de bénignité, on ne vous corrigera point. Cependant, pour cette fois, vous n'avez pas tort : vous allez voir que notre Père Blasius est de votre sentiment."

    Je lus en effet : Voyons. Puisqu'il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n'aviez qu'à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager ; mais s'il y en avait trois à gagner, il faudrait jouer et vous seriez imprudent de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain.

    Je ne vous rapporterai pas la suite de ces réflexions car elles sont fort longues et je ne suis pas assez accoutumé aux dés ou aux cartes pour les avoir pleinement entendues. Cependant, je répondis que, lorsque j'avais dû, par civilité, me prêter à quelque partie, je n'en avais jamais vu où l'on fût sûr de gagner toujours et de ne perdre jamais. Qui connaîtrait un tel secret serait assurément l'homme le plus riche du monde, qu'il voulût ou non le communiquer.

    "Vous avez raison, me dit le bon Père, tout heureux, on ne saurait se dérober à ce raisonnement, et les gens de notre siècle, qui sont si avides de gagner quelques pistoles au risque de perde tout ce qu'ils possèdent, comment hésiteraient-ils à gager ce qui n'est rien pour obtenir un gain infini ? Il semble qu'aucun de nos prédicateurs n'y avait jusque-là pensé, mais voilà justement ce qu'enseigne notre Blasius. Je vous ai bien dit qu'il était des plus subtils."

    Suivaient, dans l'ouvrage, force considérations qui ne me touchèrent guère, car, comme je vous l'ai dit, je suis peu joueur. Il n'était question que de fini et d'infini, de certitude et d'incertitude, de gager, de hasard, de néant, de gain, de perte, tous termes qui me brouillaient fort.

    Je continuai de lire néanmoins : Mais l'incertitude de gagner est proportionnée à la certitude de ce qu'on hasarde selon la proportion des hasards de gain et de perte. Et de là vient que s'il y a autant de hasards d'un côté que de l'autre, le parti est à jouer égal contre égal, et alors la certitude de ce qu'on expose est égale à l'incertitude du gain : tant s'en faut qu'elle en soit infiniment distante. Et ainsi notre proposition est dans une force infinie, quand il y a le fini à hasarder à un jeu où il y a pareil hasard de gain que de perte et l'infini à gagner. Cela est démonstratif ; et si les hommes sont capables de quelque vérité, celle-là l'est.

    Ce démonstratif me fit songer à une farce assez plaisante, que je vis jouer naguère, en laquelle un médecin mandé en consultation auprès d'une fille qui avait perdu la parole, tenait au père de beaux et longs raisonnements en mauvais latin avant de conclure doctement : "Voilà ce qui fait que votre fille est muette. [1]"

    Le Père avait certainement compris mieux que moi le discours de son confrère, car il conclut, lui aussi : "Comment après cela quelqu'un aurait-il le coeur assez endurci pour ne pas se convertir?"

    Je crus qu'il me fallait dire quelque chose et je m'apprêtais à marquer mon étonnement devant une apologétique si étrange, que l'on ne trouve ni dans saint Jean Chrysostome ni dans saint Augustin, mais le bon Père ne m'en laissa pas le temps et je vis bien que sa question n'était que pour qu'il y pût lui-même répondre. Il poursuivit en effet :

    "Eh bien, notre Blasius - admirez-le - s'est soucié de ces âmes dures, vrais pécheurs incorrigibles, et il les invite à regarder le dessous des cartes.

    - Le dessous des cartes ? m'écriai-je.

    - Oui, et il mit son doigt sur un passage qu'il avait souligné : "Mais encore n'y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu ? - Oui, l'Ecriture et le reste, etc. Que si cela ne leur suffit point, il leur indique un chemin tel qu'il est impossible qu'ils s'y perdent. Voyez plutôt." Et il me rendit le livre.

    - Je lus donc, une dernière fois, que l'auteur recommandait de suivre la voie selon laquelle, d'après lui, certains s'étaient convertis : c'est en faisant tout comme s'ils croyaient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira.

    - "Qui résisterait à cela ? me dit alors le Père. Pourrait-on voir une conduite plus obligeante et plus commode ? Qu'importe par où nous entrions dans le paradis ? Soit de bond ou de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire ? Est-ce difficile de prendre un peu d'eau bénite en passant devant une église ou d'en avoir toujours chez soi quelque flacon ? Et celui qui risque chaque soir cent louis au jeu, hésitera-t-il à donner dix sols ou un quart d'écu pour faire dire une messe ? Il faudrait être bien ladre ou bien sot pour refuser à ce prix la vie éternelle. Vraiment, Monsieur, ce Blasius a beau être un de nos nouveaux pères et n'avoir soutenu sa Sorbonique que tout récemment, il me semble à placer sinon parmi nos vingt-quatre vieillards, car alors ils seraient vingt-cinq (ce dont l'Apocalypse ne parle point, comme vous savez), dit-il en souriant, mais au rang de nos plus grands docteurs, les pères Bauny, Escobar, Sanchez et d'autres, qui sont l'honneur de notre Compagnie.

    - Mon Père, lui dis-je, jusqu'à présent, j'avais cru que le jeu était fort à déconseiller, car si ce n'est un péché en soi - encore les papes et les conciles l'ont-ils souvent jugé tel -, ce n'est pas assurément une occupation pieuse. Ne savez-vous point que le jeu était interdit aux premiers temps de l'Eglise ? Le concile d'Elvire, au IVe siècle, excommuniait tout fidèle qui aurait joué une somme d'argent aux dés, à moins qu'il ne s'en repentît publiquement : dans ce cas, il lui imposait une pénitence d'une année entière avant de le recevoir à nouveau dans l'Eglise. Que, selon les canons des Apôtres 41 et 42, tout évêque, prêtre ou diacre était déposé s'il s'adonnait à ce passe-temps ; que le quatrième concile du Latran a renouvelé cette interdiction, et même que le code de Justinien, qui ne se soucie pourtant que de matières civiles, interdisait les jeux de hasard, à l'exception de cinq, qu'il jugeait innocents, et défendait même aux clercs d'en être spectateurs. Que dis-je, mon Père, ne vous souvient-il pas que, au siècle dernier, le concile de Trente a frappé d'excommunication les gens d'Eglise qui joueraient au loto ?

    Et vous voulez comparer l'amour que nous devons à Dieu avec une occupation si futile, pour ne pas dire si criminelle ? Encore est-ce bien pis, car vous rabaissez cet amour que les plus grands saints ont porté à Notre-Seigneur au rang d'un vil calcul d'intérêts ? Ne savez-vous pas que, selon saint Augustin, l'attrition, c'est-à-dire le regret de ses fautes par peur de la damnation, ne suffit pas pour être pardonné, mais qu'il faut s'en repentir de tout son coeur en ce qu'elles sont la cause du supplice et de la mort de Jésus-Christ ?

    Et vous me proposez de jouer, comme d'égal à égal, avec Celui qui a créé le monde ? Notre Seigneur s'est indigné que l'on fît de la Maison de son Père une maison de trafic, et c'est en brelan que votre Blasius la veut transformer ? J'avais toujours cru, jusqu'à présent que la Passion de Jésus-Christ n'était point sujet de divertissement, lui qui a dit à la bienheureuse Angèle de Foligno : "Ce n'est pas pour rire que je t'ai aimée !" Ce ne sont point trois dés qu'il a lancés sur une table pour nous sauver, mais telles gouttes de sang qu'il a versées pour chacun de nous. Bien plutôt que d'engager des paris, nous devons nous frapper la poitrine en gémissant de nos souillures, sans en ajouter une autre. Car le jeu est une souillure de l'esprit : il rassemble à la fois l'avarice, l'envie, la haine, la colère, la paresse et fort souvent l'orgueil. Je dirais qu'il n'y a guère que la luxure qui lui échappe, si les maisons de jeu n'étaient ordinairement le rendez-vous des gitons et des prostituées.

    Que dis-je, mon Père, jouer ? Cela ne suffit pas à votre Blasius : voilà qu'il propose de tricher. Car de quel nom s'appelle regarder le dessous des cartes ? Il s'agit de l'Ecriture, dites-vous,. Mais justement, s'il s'agit de l'Ecriture sainte, toute vraie, toute vénérable, comment pourrait-on gager quoi que ce soit sur elle ? Là où il y a certitude, pour parler comme votre auteur, il n'y a point de place pour le jeu. Ou bien l'Ecriture est vraie ou bien elle est fausse. Si elle es fausse, nous devons la rejeter et vivre en païens, et alors je veux bien que nous jouions tant qu'il vous plaira ; si elle est vraie, nous devons la croire et la respecter et ne point la mettre en balance et ne rien gager pour ou contre elle, ce qui est sacrilège et même dépourvu de sens. Vous me faites songer à un homme de bien de ma connaissance auquel une personne qu'il secourait mais qui n'était que fort médiocrement dévote, demanda de lui donner sa parole de gentilhomme que Dieu existait et que notre religion est vraie, l'assurant qu'elle avait tant d'estime pour lui que, encore qu'elle fût souvent tentée de douter, elle le croirait. Il en fut d'abord surpris, puis, voyant son trouble, il déclara qu'il la lui donnerait volontiers, mais il eut beaucoup de mal à lui expliquer que tous ces serments touchaient à l'honneur du monde et n'avaient aucun sens quand il s'agissait de Dieu. Il en va de même du pari de votre Blasius : le jeu est de l'ordre de corps terrestres et non point de celui de la charité, toute céleste ; et puisqu'il parle d'infini, comment peut-il concevoir que l'on puisse gager quoi que ce soit en face de l'infini ?"

    Le Père s'apprêtait à me répondre, mais je l'arrêtai court, car j'étais tout hors de moi.

    "Ce n'est pas tout : comment pouvez-vous penser, mon Père, que prendre de l'eau bénite et faire dire des messes tant et tant, puisse servir à quelque chose si on fait tout cela sans amour de Dieu, comme le proclame saint Paul ? Ce ne seront alors que pratiques superstitieuses et païennes, dont nous devons avoir horreur. Ne vaut-il pas mieux porter à l'autel un coeur contrit et humilié et implorer Notre-Seigneur qu'il veuille bien entendre nos gémissements dans sa divine miséricorde, plutôt que de raisonner et de calculer avec Lui, qui nous a aimés plus que nous n'aimons nos souillures, au lieu de continuer à nous souiller en son nom ? Car même si votre Père Blasius est un saint homme, vous verrez que c'est à cela qu'il aboutira et que plusieurs seront ruinés dans leur corps et dans leur âme pour l'avoir trop bien lu."

    Je m'étais fort échauffé et je m'attendais que le bon Père me reprendrait avec quelque aigreur, car il me semblait que je l'avais assez vivement pressé ; mais, ou par douceur ou par prudence, il sut se maîtriser : comme il voyait assez clairement la liaison de ces conséquences avec son principe, il s'en échappa adroitement et n'eut garde de se fâcher : "Vous êtes bouillant, me dit-il seulement, et vous ne savez pas bien lire, mais je ne vous ne veux aucunement. J'ai eu tort de vous apporter un écrit peut-être trop difficile ou trop délié pour vous, qui n'êtes pas habitué à ces matières et, m'avez-vous dit, peu joueur. Ne vous découragez point, nous vous en saurons trouver de plus à votre portée. On m'a dit que vous entendiez les mathématiques. Nous avons certains de nos pères qui y excellent et qui vous prêteront volontiers le collet en cette science. Je vous les veux faire rencontrer, mais pour aujourd'hui, il est trop tard. Ce sera pour une autre fois."

    Maintenant aussi, comme disait ce bon Père, il se fait tard. Bien que n'ayant pas encore fait la rencontre promise et appris comment l'arithmétique pouvait être une voie de notre salut,je n'ai pas voulu lasser votre attente et je me suis empressé de vous rendre compte de tout ce que l'on m'a dit aujourd'hui. Il me semble que cela pourra vous éclaircir encore davantage sur la politique et l'esprit de leur compagnie.

    Croyez, Monsieur, que je suis toujours... etc.



    Texte établi et présenté par
    André BLANC
    Université de Paris X

[1] Ceux qui doutent de l'authenticité de cette lettre s'appuient sur le fait que Le Médecin malgré lui est postérieur de dix ans. Certes, mais qui parle de cette comédie ? Rien ne prouve que la réplique célèbre n'existait pas dans une farce antérieure. Molière, comme on sait, prenait son bien là où il le trouvait.